Tout d’abord, il est indispensable de ne pas confondre, ainsi qu’on le fait souvent, un acte de volonté avec un acte de violence. Ce sont 2 choses bien différentes, autant l’un est à recommander, autant l’autre est, au con¬traire, à repousser.
L’acte de violence est le ressort non retenu qui dépense toute sa force brusquement, au risque de briser tout, et qui laisse après lui fatigue et abattement. Il est malfaisant.
L’action de la volonté est lente et graduée, la force s’écoule lentement, mais régulièrement. Elle est bienfaisante.
La volonté ne travaille utilement que dans le calme ; son action ne demande que peu d’effort, peu de contractions musculaires.
Pourquoi nos pensées doivent-elles être soumises à notre volonté ?
Pour que sa force puisse agir utilement, il faut que la volonté soit tout à fait indépendante, il faut qu’elle do-mine bien tous nos organes et toutes nos facultés, aussi bien morales et intellectuelles que physiques. Elle ne doit pas non plus être liée à nos pensées et la première chose à faire est de nous habituer avec soin à ne pas identifier celles-ci avec notre volonté.
Disons-nous bien qu’un seul acte de volonté a plus de force que toutes nos pensées.
Nous devons nous scruter soigneusement et chercher à distinguer nettement notre personnalité de volition, c’est-à-dire « voulante », de notre personnalité pensante. Quand nous serons parvenus à bien établir cette différence, nous devrons nous efforcer d’arriver à ce que notre volonté s’affirme toujours davantage et commande à nos pensées.
Figurons-nous que nos pensées sont des objets ou mieux, des serviteurs ayant une existence séparée et qui doivent absolument être soumis à notre volonté.
Quand la subordination de nos pensées à notre volonté aura été établie, alors nous serons devenus nos propres maîtres et nous aurons conquis la seule vraie liberté, contre laquelle un pouvoir, quelque tyrannique qu’il soit, ne pourra jamais prévaloir.
La liberté de la pensée n’est rien sans la liberté de la volonté et celle-ci n’est efficace qu’autant qu’elle ne nuit pas à la liberté d’autrui.
Souvenons-nous que vouloir c’est pouvoir.